02/07/2007

Et vous que disiez-vous d'une rousse, d'un roux ? Qu'en pensiez-vous?

Les rousses le livre

Les roux puent, surtout par mauvais temps. Les rousses, c’est sûr, ont le diable au corps. Et Poil de carotte était intenable.
Autant de clichés qui ont la vie dure, depuis des siècles : les Égyptiens, qui savaient ce qu’ils faisaient, ne sacrifiaient-ils pas les roux à leurs dieux ? Le traître Judas n’était-il pas rouquin ? De fait, la prévention qui touche la rousseur est ancestrale, et continue de bien se porter. Pourquoi, comment ? Valérie André, avec science et pugnacité, s’attaque à l’idée reçue que les roux ne sont pas comme nous, comme vous. Elle la débusque dans les lieux les plus insolites, au détour d’un traité de médecine, d’une expression proverbiale, d’une peinture liturgique, un portrait de Marie-Madeleine par exemple ; et surtout au coeur de la littérature parfois la mieux intentionnée, mais si lourde de préjugés. À quoi expose une pilosité sulfureuse et aléatoirement répartie ? Les tenants et aboutissants de la condition, mieux, de l’identité rousse, appelaient des réflexions de fond en même temps que des études de cas. C’est à quoi, dans un travail pionnier, s’attache avec fougue et talent Valérie André, qui n’a pas la plume dans sa poche. Les roux apprécieront, les autres jugeront et, peut-être, se repentiront.

 

Valérie André, née en 1969, est chercheur au FNRS. Elle enseigne l’histoire de la littérature et des idées à l’Université Libre de Bruxelles, où elle demeure. Elle a publié plusieurs ouvrages sur les philosophes des Lumières et le roman du XVIIIe siècle.

Dans la photographie, la peinture, les textes...les rousses vue par des poètes en tout genres...

 

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Elle vient et m'attire ainsi qu'un fer l'aimant
Elle a l'aspect charmant
D'une adorable rousse
Ces cheveux sont d'or on dirait
Un bel éclair qui durerait
Ou ces flammes qui se pavanent
Dans les roses thé qui se fanent.

Guillaume Apollinaire (extrait de "La jolie Rousse")

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rousse dans l'eau

rousse et hummingbird

Belle " à damner les saints " , à troubler sous l'aumusse
Un vieux juge ! Elle marche impérialement.
Elle parle - et ses dents font un miroitement -
Italien, avec un léger accent russe.
Ses yeux froids où l'émail sertit le bleu de Prusse
Ont l'éclat insolent et dur du diamant.
Pour la splendeur du sein, pour le rayonnement
De la peau, nulle reine ou courtisane, fût-ce
Cléopâtre la lynce ou la chatte Ninon,
N'égale sa beauté patricienne, non !
Vois, ô bon Buridan : " C'est une grande dame ! "
Il faut - pas de milieu ! - l'adorer à genoux,
Plat, n'ayant d'astre aux cieux que ses lourds cheveux roux
Ou bien lui cravacher la face, à cette femme !

Paul VERLAINE : ("Une grande dame" Poèmes Saturniens, Caprices)

 

Et vous que diriez-vous?