05/05/2008

Géniale, magnifique, simplicité, émotions intenses...

PHÈDRE

RACINE (1677) ET SÉNÈQUE (50)

SALLE DU FAUBOURG GENÈVE

Après Les Perses l'an dernier, voici Phèdre, nouvelle étape du projet producteurs de tragédies de theatercombinat (Vienne) : soit une coupe dans l'histoire du théâtre réalisée par Claudia Bosse pour examiner comment, au fil des siècles, machinerie théâtrales et dispositifs politiques se travaillent les uns et les autres. Par exemple, comment fonctionne la langue chez Racine, dans une monarchie absolue ? Ou encore, quel est le lieu de parole investi par Sénèque au moment du déclin de la république Romaine ?

Pour cette Phèdre, six comédiens nus investissent la Salle du Faubourg : plusieurs zones de cohabitation entre spectateurs et acteurs font varier les distances, les perspectives, les intensités de jeu, instaurant ainsi des régimes de regard et de contrôle différenciés. La metteure en scène et les comédiens recherchent une intensité physique qui puisse constamment vivifier l'alexandrin. Les corps activent des gestuelles de boxe, de danse baroque, de lutte, en tension permanente avec cette écriture simple et pure de Racine. Ecriture posée ici comme un principe politique de contrainte du sentiment.   mp

 

Phèdre

 

Le roi est nu. La reine Phèdre et tous les protagonistes de la pièce aussi. Porteurs seulement d'une langue à la fois mécanique et sublime : l'alexandrin de Racine troué de citations sénéquiennes.

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Ainsi, ce qui se raconte sur le ring est-il aussi montré, à même le corps, dans la respiration du vers, par la machination musculaire du dire exhibée jusqu'au plus intime. Hors de la parole, rien ne fait signe dans l'image, pas même les âges et les sexes. L'acteur ne peut être alors que ce qu'il dit : vecteur d'un drame qui explose en cinq actes, partant corseté par cette métrique imparable.

 

La mise en scène prend l'espace, prend le temps (3h15'), donne le geste et la parole. Elle propose surtout une simplicité de points de vue sur Phèdre. Est-ce seulement la mise en scène, d'ailleurs ? Car il y a une réelle puissance installative dans ce dispositif spatial et dans cet étirement temporel. Le spectateur y est mis en situation de négociation constante avec toutes les personnes présentes, acteurs et public.                   

michèle pralong

 

Le Théâtre du Grütli est subventionné par le Département de la Culture de la Ville de Genève et bénéficie du soutien du Département de l'Instruction publique du Canton de Genève et de la Loterie Romande.

29/04/2008

Moi j'y serai et vous ?