15/05/2009

Alfred Stevens - Musée Royale des Beaux Arts


Alfred Stevens (1823-1906) avait fait ses études à l'Académie de Bruxelles où il fut l'élève de François-Joseph Navez. Vite, il émigra à Paris pour y faire fortune. Il commença par peindre les drames sociaux. Ses tableaux, ce fut d'abord Zola avant de devenir Proust. On montre à l'expo, de beaux tableaux sur les pauvres. Mais les salons français, émerveillés par son talent, lui commandèrent de nombreux tableaux mondains et il ne put y résister, attiré par la fortune, poussé dans le dos par son frère. "Il peint encore des mains tendues, disait-on, mais ce sont des jolies petites mains blanches et elles implorent non l'aumône mais le baiser." Il n'a pas son pareil pour "croquer" la belle émue par la lecture d'une lettre, ou prise par son doux chant, ou se regardant dans un miroir avec ses longs cheveux brillant dans la lumière rasante. C'est lui qui, ami de Manet, lui fit connaître le marchand de tableaux Paul Durand-Ruel qui lança Manet et le fit fréquenter Degas, Morisot et Baudelaire. Il s'enthousiasma pour le japonisme comme le montrent à l'expo, des tableaux aux décors faits de paravents japonais, ou d'un éléphant venu des Indes, dans des salons où "tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté", comme disait Baudelaire.

Sarah Bernard

Alfred Stevens fut la star des stars de l'époque. L'Annie Leibovicz. Il reçut un triomphe à l'expo universelle de 1867 à Paris où il reçoit la légion d'Honneur. Il est au mieux avec la cour de Napoléon III. Il réalise avec Henri Gervex, pour l'expo universelle de 1889 (celle de la tour Eiffel) un "panorama du siècle", vaste fresque sur l'histoire des idées que l'exposition évoque à l'étage. Mais malgré cela, Alfred Stevens ne vit rien venir.

 

le bain stevens

 

"Le Monde Invisible" émission deThierry Genicot tout les jeudi soir à 22H10 sur la Première.

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