24/11/2009

La Calcination des Sens - L'Incandescence :: 09/12/09 au CCO

Affiche3 091209 blog

Voici l'affiche, elle annonce la présentation de notre projet collectif.
Il s'agit bien d'un projet - une réflexion, une mise en espace collectif - et non une pièce...

Basé sur "Burnout" d'Alexendra Badea, nous nous sommes posé, entre autres, les questions suivantes -

A qui profite le temps que nous gagnons ...? Qui perd le temps que nous gagnons...? Où va le temps que nous gagnons...? Que devient le temps que nous gagnons...? Qui gagne le temps que nous perdons...? Où serait la vraie vie ? La présence des sens et non du sens ?

En seconde partie nous vous présenterons nos projets "Son-corps-voix-séquenceS" , l'extra muros (off course ;o) de l'académie intercommunale de Court-St.-Etienne et Ottignies-Louvain-La-Neuve.

Entre autres, quatre acteurs aux prises avec une matière théâtrale plurielle, si l’impulsion a été donnée par les mots de Sarah Kane (bientôt suivis par ceux d’Heiner Müller et de Philippe Minyana), d’étranges échos se sont rapidement révélés entre ces auteurs contemporains, jusqu’à ce qu’ils deviennent aussi indéfinissables que des bruits nocturnes. Avec la complicité de Philippe Wauman, plasticien sonore.

L'acteur au centre !


"Avec la fin de la "galaxie Gutenberg", le texte écrit - et donc le dialogue fixé comme élément constitutif de la représentation - s'avère remis en question. Le mode de perception se déplace : perception simultanée et aux perspectives plurielles remplace une vision linéaire et successive... Au lieu de représenter une histoire avec des personnages qui apparaissent et disparaissent en fonction de la psycho-logique de la narration, ce théâtre est fragmentaire et combine des styles disparates. Il s'inscrit dans la dynamique de la transgression des genres. La chorégraphie, les arts plastiques, le cinéma et bien sûr, les différentes cultures musicales, le traversent et l'animent. (Hans-Thies Lehmann - Le Théâtre postdramatique)"


Cette seconde partie s'attachera à la mise en application de ces théories dans le cadre du projet "La création au centre de la pédagogie - la pédagogie au centre de la création" mais aussi à la perspective nouvelle d'une "Esthétique du spectateur".

Au plaisir de vous y revoir, de vous rencontrer... à mercredi 9 décembre à 20h ?


Avenue des Combattantsp.a.f. 5/7 euro

 

Artiste Pédagogue : Jean MASTIN
P.H.O.T.O.G.R.A.P.H.E : Roger WIBERT
Affiche - blog - vidéo : Yza de BURBURE

17/11/2009

Les gueules de la Nuit par Jean Louis FOULQUIER

FOULQUIER

 

18:38 Écrit par yZa | Lien permanent | Général | Commentaires (0) |  Facebook |

12/11/2009

Le cri !

Le cri, déjà présent dans l'Ancien testament - son expression se retrouve dans le Livre de Job, les Psaumes et Isaïe -, est ancré dans les traditions. D'un mot, le cri fait partie de la vie : crier, est vivre. André Chouraqui traduit Coran par Cri.
Pourtant, cette vérité première est aujourd'hui bien oubliée.

Si l’obscène est souvent rattaché à une image violente, qui choque, qu’en est-il de l’obscène dans son expression sonore ? L’obscène montre, ce qui ne devrait pas être vu et fait entendre ce qui ne devrait pas être entendu. L’obscène est mise à nu de ce qui devrait être caché, d’où une fascination pour ce dévoilement de l’interdit. Parce que la voix peut devenir « dissimulation honteuse » ou « excès de l’impudeur » elle devient un outil de l’obscène.
De même que l’obscénité n’est pas à restreindre au pornographique, de même le cri obscène ne fait pas seulement référence aux sons émis lors du rapport sexuel. La voix représente l’intimité même, ma voix c’est moi. Le cri est l’étalage brutal de cette même intimité ; c’est en cela qu’il est obscène. L’obscénité du cri, c’est la nudité même du criant, la réception de ses entrailles sonores, une déchirure du silence à l’instar de l’ouverture organique, de la béance qu’il produit. Comme un corps ouvert étranger que l’on ne devrait pas pénétrer du regard. L’obscène correspondait au XVIe XVIIe siècle à l’exhibition de l’intérieur du corps. On pense là bien sûr à l’ouvrage de Georges Didi-Huberman « Ouvrir Vénus », dont le titre résonne comme une transgression. Le cri offre une vision sonore de cet intérieur. Il ne faut pas crier, car cette non-maîtrise de soi, cette manifestation de détresse intérieure est obscène.
Le cri oblige l’ouïe à admettre ce qu’autrui ressent au plus profond de lui-même il est toujours question d’entrailles. Le cri est déchirure, il troue le calme :

« Vous n'entendez jamais les cris, ou leur équivalent, parce qu'on évite aujourd'hui le voisinage de l'inhumain », dit le narrateur du récit la Maladie de la chair de Bernard Noël à son interlocutrice. La Maladie de la chair p.28

Il faut sortir de la conception du cri comme cri inarticulé. Le cri est aussi articulé. Le cri c'est aussi le sens, ce qui est dit. Le cri c'est aussi la dénonciation, la révolte, le pornographique, l'obscène. La littérature est l'expression du mal, dit Georges Bataille. Le mal et le cri : deux mots pour exprimer une même sensation, un même pressentiment de l'écriture.
Le cri de la souffrance est le cri de la bête. Ou son gémissement. Pleurer n'est que l'expression d'un cri subi. La douleur est du côté du soma, la souffrance du côté de la psyché. L'une est plus près du corps, l'autre de l'intellect. Entre cri brut, et cri intellect. Antonin Artaud l'a clairement exprimé dans « Position de la chair ».

« Ces forces informulées qui m'assiègent [...] qui du dehors ont la forme d'un cri. Il y a des cris intellectuels, des cris qui proviennent de la finesse des moelles. »

La folie est la réponse à la douleur, de souffrir. Qui parfois débouche sur le cri, libératoire. Du cri ne pouvant sortir, du non-cri, au silence, et du silence, de l'avant cri, au cri.

« Obscénité du cri qui déchirant le voile du silence, semble mettre à nu toute l’horreur » Michel Leiris, Á cor et à cri, réf. note 4, p.103.

Les cris inarticulés peuvent cependant, dans leur manière d’être émis, devenir discours. Charlie Chaplin l’illustre dans son film ; Le Dictateur, dans lequel il prononce un discours qui n’est en fait qu’une suite de cris martelés. Il parodie ainsi dans cette splendide performance vocale les vociférations obscènes de A H. Les paroles ne comptent plus, ce qui compte pour l’orateur, c’est de fasciner les foules. Au-delà des paroles, le son du discours est obscène. Cette obscénité du discours est liée à la représentation, à la mise en scène de la voix, l’art d’utiliser sa voix est un moyen d’emmener autrui où l’on veut.

« Fasciner est peut-être l’essentiel de l’acte obscène. Ceci ferait glisser l’obscénité du côté des mécanismes du pouvoir ."

Jean Luc Berlet pour accordphilo

05/11/2009

La Compagnie Mossoux-Bonté crée...

Les corps magnétiques (création)


Quatre hommes et quatre femmes circulent sur une frontière : ligne de démarcation, bord de fosse, départ de course. Des couples se forment, des groupes, des solitudes, sans jamais briser la ligne… posant ainsi la question de l’impossible et nécessaire communauté.

 

les_corps_magnetiques2

Création les 24, 25, 26 et 27 novembre 2009 au MANEGE MONS, dans le cadre de la Biennale de Charleroi-Danses.

Avec Bernard Eylenbosch, Odile Gheysens, Sébastien Jacobs, Yvain Juillard, Leslie Mannès, Frauke Mariën, Maxence Rey, Armand van den Hamer

et les musiciens de l’Ensemble Musiques Nouvelles : Pierre Henaux et Antoine Maisonhaute (violons), Dominica Eyckmans (alto), Ricardo Matarredona (clarinette), Jean-Pol Zanutel (piano et violoncelle)