25/02/2009

Théâtre de Carouge, Atelier de Genève - ça bouge en Suisse !

LES NUITS BLANCHES

D'après Dostoiëvsky  - Mise en scène de José Lillo

Lesnuitsblanches-visuel

avec julia batinova  et Lionel Brady

traduction andré markowicz  version scénique et scénographie josé lillo  Conseiller scénographique, peinture et construction Peter Wilkinson Régie générale et son Manu Rutka lumières rinaldo del boca Régie générale exploitation Rinaldo del Boca et Manu Rutka assistantE à la mise en scène Léa Roth

production théâtre de carouge - atelier de genève

« Nos mythes provisoires, sans cesse à réinventer », écrit José Lillo à propos de sa mise en scène des Nuits blanches, douzième des récits de Fiodor Dostoïevski. Une philosophie qui l’a poussé à redéfinir d’abord le lieu-théâtre  : pour l’occasion, la salleGérard-Carrat se dépouille de son gradin, de sa scène. La pièce se joue alors dans un espace réinventé, un lieu, « n’importe où qui ne soit pas une salle de théâtre », précise le metteur en scène.

L’endroit, désormais débarrassé « du trop-plein fatal de la représentation », lui donne l’occasion de faire entendre la langue du romancier russe avec une poésie inouïe. L’espace est vide mais chargé de nuit, de foule passée là, de fête. Plus brut, minimaliste, il devient poétique et permet à José Lillo d’exprimer la modernité du récit qui enveloppe de crépuscule la rencontre des deux personnages.

Une tache d’encre noire jonchée de mégots de cigarette au centre duquel Nastenka et l’inconnu se laissent aller à espérer. Les spectateurs les entourent, décrivant un nouveau territoire de l’écoute où peut enfin résonner le son d’un sanglot étouffé.

Dans ses notes d’intention, José Lillo écrit : « Ne péjore pas les mots, aucun d’eux. Laisse-les venir. Sois maladroit, comme cette phrase qui se cherche ». Des mots qu’il veut faire entendre aussi à travers le corps de ses comédiens à qui il demande de s’abandonner au texte :  « Laisse faire ton corps. Il est plus avisé que toi, comme toujours. Pense à autre chose, à ce que tu veux, mais pas à ce que tu crois dire. Sois là, c’est tout. Et surtout, respire ». Un parti pris dans la droite ligne de la recherche d’authenticité qui hante l’œuvre de Dostoïevski.

José Lillo fait partie de la scène alternative culturelle suisse romande. À la demande de Jean Liermier, il a accepté de remonter et d’approfondir sa première mise en scène des Nuits blanches et d’en donner une seconde version. Il inaugure ainsi un axe fort du Théâtre de Carouge : ouvrir les portes de l’institution et accompagner une nouvelle génération d’artistes qui feront le théâtre de demain.

 

Lillo

 josé lillo

 

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19/02/2009

Au Grü cette semaine...!

squelette gru

13/02/2009

Au Kaaitheater le Ve 20/2 et Sa 21/2 à 20h30

  Rodrigo Garcia / La Carnicería Teatro (Madrid)  

  Aproximacion a la idea de desconfianza 

 

Matériaux élémentaires

Trois comédiens exécutent, en silence, des actes ritualistes simples avec des matériaux élémentaires – eau, terre, lait, miel. Un texte écrit à la première personne est projeté sur le mur de fond de la scène. Une analyse tour à tour accusatrice et autocritique de notre société de consommation.

Depuis la création de sa compagnie Carniceria Teatro (théâtre boucherie) à Madrid, en 1989, le metteur en scène argentin Rodrigo Garcia produit du théâtre physique et provocant. Cette pièce-ci est plus contemplative, comme une empreinte de son langage baroque. Un spectacle poétique et un plaidoyer pour une vie intense, ancrée dans le présent, par un auteur et metteur en scène qui ne prend pas de gants pour dire ce qu’il pense du monde, de vous et de moi.

À la fin du mois de novembre, Rodrigo Garcia a reçu le Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales, qui est décerné à cinq lauréats, dont aussi Guy Cassiers.

Rod. Garcia 2009

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concept, text, scenography Rodrigo García | translation Christilla Vasserot | with Juanjo de la Jara, Agnés Mateus, Jean-Benoît Ugeux | lighting Carlos Marquerie | projections Ramón Diago | camera Daniel Iturbe | technical direction Ferdy Esparza | assistant to the director Alessandro Romano | co-production Rodrigo García & Carnicería Teatro, Bonlieu Scène nationale d’Annecy, Centre d'arts escéniques Reus (E)

Rodrigo García’s texts are published by Les Solitaires Intempestifs 
created in February 2006 at Bonlieu la Scène nationale d’Annecy

12/02/2009

Cie. Bud Blumenthal + Garry List & The Riffing Society = Into the Riff

Hier soir à  Wolubilis  une soirée Impro...!

Into the Riff

into the riff

4 danseurs + 5 musiciens = 1h20' d'impro danse musique !

Me demanderez-vous : "Mais qu'est ce que le riff ?" - de vous répondre: "Le "Riff " est une phrase musicale qui, se répétant et se déclinant à l'infini, donne le rythme du morceau, la couleur, sa patte ." Et donc les riffeurs, à l'écoute les uns des autres, invitent le spectateurs à capter l'essence même de l'improvisation : l'instant.

"I don't know why but it sounds familiar !"

Garrett List, Américain (L.A.) d’origine établi à Liège depuis plus de 20 ans est un incontournable de la scène musicale contemporaine. Chorégraphe d’origines américaines (Chicago) également, Bud Blumenthal excelle sur nos scènes de danse depuis 1992. Deux artistes constamment en recherche pour un spectacle qui rapprochera amateurs de danse, de musiques, de musique théâtralisée, curieux de confrontations étonnantes ou enrichissantes.
A voir ou a revoir la semaine prochaine au   Festival de Liège    le 20 février !

10/02/2009

"Possibly Maybe" - Björk ! on a Snowy/Rainy Tuesday...

L'épopée

D'un air plus grand encor la Poésie épique,

Dans le vaste récit d'une longue action,

Se soutient par la fable et vit de fiction,

Là pour nous enchanter tout est mis en usage;

Tout prends un corps, une âme, un esprit, un visage.

Chaque vertu devient une divinité :

Minerve est la prudence, et Venus la beauté.

Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre,

C'est Jupiter armé pour effrayer la terre ;

Un orage terrible aux yeux des matelots,

C'est Neptune en courroux qui gourmande les flots ;

Écho n'est plus un son qui dans l'aire retentisse,

C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse.

Ainsi dans cet amas de nobles fictions,

Le poète s'égaye en mille inventions,

Orne, élève, embellit, agrandi toutes choses,

Et trouve sous sa main des fleurs toujours écloses.

Qu'Égée et ses vaisseaux, par le vent écartés,

Soient aux bords africains d'un orage emportés,

Ce n'est qu'une aventure ordinaire et commune,

Qu'un coup peu surprenant des traits de la fortune.

Mais que Junon, constante en son aversion,

Poursuive sur les flots les restes d'Illion ;

Qu'Éole, en sa faveur, les chassant d'Italie,

Ouvre aux vents mutinés les prisons d'Éolie ;

Que Neptune en courroux, s'élevant sur la mer,

D'un mot calme les flots, mette la paix dans l'air,

Délivre les vaisseaux, des Syrtes les arrache,

C'est là ce qui surprend, frappe, saisit, attache.

Sans tous ces ornements le vers tombe en langueur,

La poésie est morte ou rampe sans vigueur,

Le poète n'est plus qu'un orateur timide,

Qu'un froid historien d'une fable insipide.

 

Chant III, v.160-192. Boileau L'Art Poétique

 

14:05 Écrit par yZa | Lien permanent | | Commentaires (0) | Tags : bjork, boileau, l epopee, l art poetique |  Facebook |

05/02/2009

Samedi 14 février : vous "fête" quelque chose ?

  THEATRE VARIA  

NUIT SUR LE MONDE

Conception: Patrick Bonté

Mise en scène et chorégraphie de Patrick Bonté et Nicole Mossoux.

Du 10 au 14 février 2009. Du mardi au samedi à 20h30. Le mercredi à 19h30. Grand Varia.

Réserver

Avec: Sébastien Jacobs, Leslie Mannès, Sylvie Merck, Ayeleen Parolin, Maxence Rey, Candy Saulnier, Armand Van Den Hamer.

Théâtre de fantasmes et d’images, Nuit sur le monde opère comme un triptyque qui déclinerait en trois temps une relation à l’ancestral, au contemporain et à un futur hypothétique. Tout part de l’image d’un bas-relief composé de figures qui se mettent en mouvement et se détachent de la pierre et de l’ombre… Chutes abruptes, embrassements incertains, passages ininterrompus : une humanité défile dans le doute de ses origines et l’assurance de sa fin.

Extraits du spectacle

La première partie du triptyque Noli me tangere a été créée en 2006 et la version complète du spectacle fut jouée en 2007, aux Brigittines, suivie de représentations en Angleterre, Pologne, Italie et Flandres.
Noli me tangere a reçu le Prix spécial du jury au Festival de Mimos de Périgueux pour « l’excellence de sa recherche exprimée de manière magistrale par un spectacle d’une rare intensité qui transcende le temps ».

Soirée spéciale En bord de scène

Le jeudi 12 février rencontre avec l'équipe artistique à l'issue du spectacle.
Plus d'infos à venir.

Les photos du spectacle

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Regardez toutes les photos.

03/02/2009

Le saviez-vous ?

Lorsqu'en 1644 débarque à Marseille un marchand revenu de Turquie avec dans ses bagages le matériel et les ingrédients pour préparer une boisson au goût amer, corsé, fort et délicieux à la fois, il ne se doute pas que ce kahvé - ainsi que le désignent les Turcs en altérant le nom arabe de kahoua - deviendra une boisson à la mode : le café.

Mais ce qui lancera définitivement cette boisson, c'est l'ambassade du sultan Soliman Aga, qui en 1669 fait découvrir, à Versailles, le café servi dans des tasses de "pourcelaine". Puisque le roi en a bu, la cour s'en entiche. Il ne faut qu'un temps pour que ce breuvage se répande  dans la ville. C'est une soudaine vogue, une manie, une mode. Malgré la cherté du café, on ne peut s'en passer.

 

Cette novation connaît un tel succès que deux arméniens ouvrent de très beaux établissements nommé "maison du café". Mais le plus célèbre de ces établissements est sans conteste celui de Franceso Procopio dei Coltelli, un noble sicilien venu chercher fortune en France, qui, copiant les recettes des Arméniens, ouvre en 1675, rue de Tournon, le Café Procope. Cet établissement déroge enfin au genre des cabarets vineux souvent mal famé. Ce n'est qu'un cri dans Paris, car Procope, outre du café, propose des mets rares, tels des sorbets et des glaces, des boissons fraiches et des pâtisseries fines.

Très vite la Faculté s'empare elle aussi de cette mode, s'inquiète de ce breuvage, et le critique : il "échauffe trop".

A Marseille le 21 février 1679, Claude Colomb soutient une thèse de médecine qui vise à "savoir si l'usage du café est nuisible aux habitants de Marseille". Ses conclusions sont sans appel. Le café est condamnée, il brûle les gens car il est "fort chaud et fort sec".

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Pourtant le succès ne se dément pas. Procope déménage rue des Fossées-Saint -Germain (rue de l'Ancienne Comédie) et fonde un établissement plus grand. Sa réussite est complète lorsqu'en 1689 la Comédie Française s'installe non-loin, dans l'ancien Jeu de Paume de l'Etoile. Désormais le Café Procope est le lieu de rendez-vous des amateurs de la comédie, on s'y retrouve autour d'un café, qui réchauffe les esprits et donne un tour alerte aux converstions.

extrait de "Mémoire gourmande de Mme de Sévigné" aux éd. Du Chêne

 

Attention "le café échauffe trop !"