16/11/2007

WIM DELVOYE - Art Farm - CLOACA WORLD

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   Wim Delvoye  

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art farm pigs in green
stuffed pigs louis vuiton

Art Farm Yi Shu Nong Chang Xin Zhuang Zi Yang Zhen,

Shun Yi District Beijing China

 

cloaca affBienvenue au Cloaca World
Claude lorent La Libre Belgique (03/10/07)


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L'artiste gantois Wim Delvoye réunit pour la première fois ses sept Cloaca.
Double exposition à Luxembourg comprenant deux nouvelles machines.
En sus, Wim Delvoye propose dessins, sculptures et merchandising.

Pour la première fois un centre d'art réunit les sept Cloaca créés par l'artiste gantois Wim Delvoye. Un huitième plus grand et plus vorace sera présenté prochainement au Mudam, de Luxembourg. Ces expositions sont l'occasion de voir l'évolution de la machine : la petite dernière est une merveille de la technologie, et d'analyser un phénomène que l'on a pris pour provocateur mais qui depuis son existence n'a cessé de répondre aux invitations de nombreux musées dans le monde.Osmose des disciplines Depuis que les arts contemporains, et le pluriel est capital, ont intégré toutes les expressions créatives qui ne rentrent dans aucune catégorie précise, le champ des investigations des artistes est sans borne et sans limite. Aussi de la sociologie à la publicité, des sons aux sciences, on constate un amalgame des disciplines qui rend plus complexe que jamais le domaine des arts visuels. C'est en ce contexte que l'on abordera une part du travail de Wim Delvoye, concepteur de 7 Cloaca, machines reproduisant la fonction digestive du corps humain de l'ingestion de nourriture jusqu'à la défécation.D'une part un artiste conçoit un objet en quelque sorte inutile, qui se présente sous une certaine forme et dans une esthétique que l'on pourrait qualifier de laboratoire chimique, de l'autre il y a le processus scientifique qui n'est pas à proprement parler une recherche mais une application concrète de connaissances. On assiste donc à une interpénétration de disciplines sans que l'on entre en fin de compte dans une catégorie bien définie.L'art est ainsi devenu ce qui échappe aux classements, aux définitions, à toute tentative d'enfermement de la pensée. Il ne s'en tient plus et loin s'en faut aux beaux-arts mais s'approprie tout ce qui participe du visuel, voire du sonore indépendant de la musique, et même de l'olfactif.
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Machine humaine

Depuis que l'expression artistique existe, le sujet traité le plus récurrent est logiquement l'être humain puisqu'il est le centre des préoccupations existentielles de tout individu et partant de l'univers. Le corps, sous des mains artistiques, a été peint, sculpté, imité, photographié, travesti, décoré, habillé, dessiné, préservé, momifié... sous toutes les latitudes. Wim Delvoye a, avec l'aide d'ingénieurs et de chimistes, posé un pas plus loin : le corps biologique est devenu une sculpture active, capable d'accomplir une fonction essentielle, vitale pour la préservation de la vie, mais qui n'a ici d'autre but que de faire la démonstration d'un processus de transformation.En fait pas de quoi s'extasier sinon de la prouesse technique. Le hic provient du résultat, comme tout être vivant, la machine défèque. "La fonction la plus commune et aussi la plus intime de l'homme, celle que l'on ne partage pas volontiers", commente l'artiste. Mais voilà tout ce qui touche de près ou de loin à la scatologie engendre aussi le rejet et le dégoût pour ainsi dire naturellement. Sans compter que l'odeur nauséabonde n'arrange rien ! Pourtant en la matière l'art n'en est pas à son coup d'essai de Manzoni à Paul McCarthy, mais ce qui dérange et déroute probablement ici c'est le pur réalisme. Ce n'est ni aseptisé ni métaphorique, ni une image, ni une imitation : c'est un excrément humain - il a été analysé comme tel - mécanisé qui sera conservé sous vide après traitement indispensable. Dans un laboratoire une telle expérience ne poserait pas le moindre problème d'autant plus que n'existe aucune interprétation de quel qu'ordre que ce soit. Finalement c'est le lieu de présentation et le spectateur qui créent des glissements soulevant des questions et des réactions.Cloaca entrepriseLa part artistique plus classique est assumée par une impressionnante série de dessins, soit préparatoires qui de Léonard De Vinci à Panamarenko sont largement entrés dans les moeurs artistiques, soit complémentaires. Aussi par des sculptures, grilles d'entrée miniatures de grands domaines qui participent dès lors à ce que l'on peut appeler le Cloaca World, cloacagates
une vaste entreprise dans tous les sens du terme.
Andy Warhol avait en son temps jeté les bases de l'art comme entreprise. Là aussi Wim Delvoye exploite la logique jusqu'au bout. Non seulement il conçoit et produit des oeuvres machines qu'il ne vend pas, mais gère économiquement un système rentable qui lui donne les moyens de poursuivre ses activités. Il a même créé des obligations pour ses sociétés qui lui permettent de vendre ses dessins, de faire de la publicité pour ses produits comme n'importe quelle firme et de prévoir du merchandising : sacs, publications, tee-shirt, papier de toilette... Le tout, il faut le souligner, non sans un certain humour malin, non sans un regard ironique sur ce monde de l'art et des entreprises car la fourchette du manoir tend une dent d'honneur et son M. Propre mue aussi en Superman !


 

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  Wim Delvoye : Cloaca 2000-2007.

  Casino, Forum d'art contemporain,

41 rue Notre-dame, Luxembourg. Jusqu'au 06.01.08. Lundi, mercredi, vendredi 11 h -19 h, jeudi 11 h -20 h (gratuit à partir de 18 h), samedi, dimanche et jours fériés 11 h -18 h. Fermé le mardi. La huitième machine sera présentée au Mudam de Luxembourg du 13 octobre au 26 novembre.

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